Pascal Berrest : Crédit photo : FFTT L’offensive médiatique manquée de la fédération [Partie 2 : Pascal Berrest]

L’offensive médiatique manquée de la fédération [Partie 2 : Pascal Berrest]

On en parlait hier dans nos colonnes, les sorties médiatiques du président Christian Palierne et de son Directeur Technique National n’ont pas eu l’effet escompté sur le monde pongiste. Si leurs interventions se devaient d’apaiser la situation, elle a en réalité provoqué l’effet inverse en attisant encore plus les tensions jusqu’à en décrédibiliser l’action fédérale en elle même. Nous avons analysé hier l’interview de Christian Palierne qui s’est révélée être plus un discours de propagande électorale qu’une réelle vision sur l’avenir du tennis de table français.

Un complément d’informations indigeste

Au delà du double sens des mots, son intervention a été également appuyée par des justifications erronées et largement contredites par les textes même de la fédération, signés d’ailleurs de la main du président. Mais si la sortie médiatique de Christian Palierne était loin de ce que l’on pourrait attendre d’un président qui souhaite faire avancer les choses, on ne pouvait pas se douter que celle de son Directeur Technique National serait toute aussi criante d’aberrations et de brutalité. Nous vous proposons un décryptage complet des réactions de Pascal Berrest. Une autre manière de comprendre et analyser les évènements actuels. [L’offensive médiatique manquée de la fédération – Partie 2 : Pascal Berrest]

Pascal Berrest

Pascal Berrest – Crédit photo : FFTT

La prise de position autoritaire de Pascal Berrest

Si le ton employé par le Directeur Technique National s’apparente plus à un prise de position autoritaire et bornée sur sa propre vision, Pascal Berrest a raison sur un point. Le document sur lequel il appuie son argumentation a bien été validé le 5 décembre 2015 par le comité directeur de la FFTT. Il a tout de même oublié volontairement ou involontairement d’expliquer qu’aucune règle de sélection ne figurait dans le document joint. Il s’agissait en réalité du bulletin fédéral n°295 en date de Mars 2016. Est-ce simplement une erreur ou Pascal Berrest n’a-t-il jamais pris conscience de ce document ? 

On évoquait un peu plus haut le ton autoritaire de Pascal Berrest. Si il s’était étonné de la réaction extrêmement virulente (pauvre chéri), tenue par l’entourage de Stéphane Ouaiche (Entendez par là, Julien Girard et le PPCV), le Directeur Technique National a fait bien pire en décrédibilisant totalement sa fonction jusqu’à même faire réagir les pongistes publiquement. Un exploit quand on connaît la philosophie des pongistes qui prônent plutôt l’adage de régler les histoires en famille plutôt que de les étaler sur la place publique. Pascal Berrest estime que les championnats de France constituent un rendez-vous national important mais qu’ils ne sont garants de performances au niveau international. C’est la raison pour laquelle ils ne figuraient pas parmi les critères de sélection. L’argument aurait pu être audible si Pascal Berrest ne se contredisait pas lui même et par la même occasion son président en annonçant  que les critères de sélection ne figuraient pas dans la circulaire. Un comble quand le document sert d’argumentaire majeur pour la fédération.

Stephane Ouaiche avec son club du PPC Villeneuve

Stephane Ouaiche avec son club du PPC Villeneuve – Crédit photo : Jean-christophe Fraisse

Son excuse ne tient pas debout et décrédibilise totalement sa fonction qui rappelons-le est directement rattachée aux services du Ministère des Sports donc garant de la bonne gestion de l’Etat. Si cela ne suffisait pas, son intervention médiatique envoie également un message d’autant plus négatif au monde pongiste. En dévalorisant le titre de champion de France, le Directeur Technique National dévalorise tout simplement l’action des compétiteurs pongistes qui aspirent un jour à décrocher le titre suprême national. Si Pascal Berrest souhaitait agir en pompier de service, il vient surtout de se transformer en briseur de rêve pour des milliers de pongistes. Un message âpre et froid qui en dit long sur sa connaissance du monde de la balle blanche.

Des exemples en guise de non-exemples

Dans son deuxième rappel, le Directeur Technique National prend en exemple les absences de Simon Gauzy et Emmanuel Lebesson qui ont été retenus par le TQO (Tournoi de qualification Olympique). Selon lui, ces absences ont conforté ce choix de ne pas tenir compte des résultats des championnats de France dans la sélection olympique. Autant cet argument pourrait être audible autant Pascal Berrest semble regarder une nouvelle fois que dans sa direction. Simon Gauzy et Emmanuel Lebesson n’ont pas participé aux championnats de France car le TQO a été reporté en raison des attentats en Turquie. A l’origine ils devaient bien y être présents. Dans ce cas, quels auraient été les propos de Pascal Berrest ? Est-ce que les championnats de France auraient eu plus de valeur si Simon Gauzy et Emmanuel Lebesson y avait participé ? Son argumentation ne tient pas débout et révèle une nouvelle fois l’incohérence totale de ses propos. Ils donnent aussi l’impression d’une précipitation de tous les instants pour ne pas dire de panique. En essayant de justifier l’injustifiable, Pascal Berrest dénigre tout simplement les valeurs de l’effort et de l’équité sportive.

Pascal Berrest

Pascal Berrest

Le DTN aime à le rappeler. Stéphane Ouaiche a participé aux championnats d’Europe 2015 sans avoir été sacré champion de France la même année. Un fait avéré mais contrasté par les performances des quatre joueurs qui iront à RIO. Aucun d’entre eux n’a remporté un titre national depuis 2013 et pourtant, ils figurent bien dans la sélection française qui se rendra au Brésil. Si la sélection de Simon Gauzy, Emmanuel Lebesson et Li Xue ne souffre d’aucune contestation d’un point de sportif, celle de Tristan Flore et Benjamin Brossier reste largement critiquable. Tristan Flore a bénéficié des largesses de la fédération quand d’autres sportifs les auraient méritées à sa place. En exemple, la sélection du pongiste de Pontoise-Cergy à l’Euro 2015 en Russie à Ekaterinbourg. A ce moment précis, la fédération a fait fi des critères de sélection pour choisir son poulain au détriment d’autres qui méritaient bien plus la place. Benjamin Brossier profite quant à lui de sa position à l’INSEP quand d’autre joueurs sont pénalisés injustement car ils préfèrent s’entraîner librement dans leur club. Cela n’enlève en rien aux talents des deux qualifiés pour RIO et ils n’y sont pour rien dans le choix fédéral mais force est de constater que la fédération privilégiera toujours des joueurs en adéquation avec sa politique plutôt que l’équité sportive. Un message regrettable et négatif qui transperce aujourd’hui toutes les composantes du PING Français.

Des critères de sélection à variables différentes

Le troisième rappel est très certainement le plus difficile à comprendre tellement il est dénué de sens et d’incohérences. Pascal Berrest justifie la sélection de Tristan Flore par sa capacité a démontré sa complémentarité de son système de jeu avec les leaders. Il ajoute que son choix comme troisième joueur pour l’épreuve par équipes a été fait à l’unanimité. Si Tristan Flore est effectivement un bon partenaire de double, Pascal Berrest a certainement dû oublier que Stéphane Ouaiche a atteint deux fois la finale des championnats de France. La première en 2015 avec Damien Éloi et la seconde cette année couronnée d’un titre avec Abdel Kader Salifou. Si Tristan Flore possède un jeu complémentaire en double, on pourrait alors en dire autant pour Stéphane Ouaiche qui a déjà prouvé sa capacité d’adaptation.

Stephane Ouaiche et Xiao Xin Yang

Stephane Ouaiche et Xiao Xin Yang – Crédit photo : FFTT

Le directeur Technique emploie la même méthodologie avec Benjamin Brossier dont il loue sa progression, sa régularité, son dynamisme et son état d’esprit. Grâce à ces qualités, il a été désigné réserviste. Si on ne fustige pas les performances des joueurs qui méritent aussi leur qualification aux Jeux Olympiques, comment le Directeur Technique National peut justifier leur participation sur des critères qui ne figurent pas dans les textes officiels ? Depuis quand la complémentarité, le dynamisme, la régularité sont des critères de qualification officiels pour les JO ? De ce principe n’importe quel pongiste aurait pu avoir être sélectionné. A vrai dire, il aurait été plus simple de donner aucun critère de qualification puisque le DTN et le comité directeur fédéral sont à même de choisir librement et ce en toute opacité. 

Quel avenir pour le PING avec politique incohérente ?

Quel avenir pour le tennis de table français ?

Quel avenir pour le tennis de table français ?

On en parlait en préambule de l’article. L’intervention médiatique de Pascal Berrest a provoqué une nouvelle vague d’indignation a défaut de calmer les tensions. A l’image de son président qui semble convaincu de la bonne démarche de son action politique, le Directeur Technique National suit le train fédéral avec tous les wagons d’incohérences accrochés derrière. Pascal Berrest dans sa qualité de représentant de l’équité sportive cristallise à lui seul le malaise ambiant du tennis de table français. De l’épisode Michel Gadal à celui des techniciens signataires en passant par Gilles Corbion et plus récemment Thierry Priou non sans oublier les sorties médiatiques accablantes face à Adrien Mattenet et Stéphane Ouaiche, Pascal Berrest reste fidèle à sa ligne directrice.  Une ligne directrice qui provoque aujourd’hui l’indignation de milliers de pongistes en témoigne la pétition qui a déjà atteint plus de 2700 soutiens. D’autres initiatives à l’image du collectif de passionnées organisé autour de la plate forme collaborative FFTT2017 essayent également d’apporter une autre vision pour le tennis de table Français.

En attendant, Pascal Berrest poursuit son travail de démobilisation mais est-ce qu’il va durer encore longtemps ? La question est ouvertement posée. Le ministère des sports a déjà été alerté dans le passé et il est fort probable que l’opération se renouvelle. Les Jeux Olympiques de RIO arrivent à grands pas. Si l’ambiance sera au rendez-vous pour tous les spectateurs, nul doute qu’en interne, la fédération devra faire bloc pour éviter un scénario digne des meilleures tragédies grecques !


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Dragan Stamenkovic
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2 personnes participent au débat

  1. Klimt
    mai 20, 14:24 Reply
    UNANIMITÉ ? Je cite la fin de l'intervention du DTN sur le site internet de la FFTT : "Sa composition a fait l’unanimité des entraîneurs du collectif national. Le choix de Tristan Flore comme troisième joueur pour l’épreuve par équipes s’est fait à l’unanimité", Le terme "unanimité" a été cité 2 fois afin de légitimer la décision. Les entraîneurs nationaux qui proposent au DTN la sélection aux JO sont donc unanimes pour priver Stéphane Ouaiche des JO. Qu'en est -il vraiment ? Il serait bon de les entendre (ce sont eux qui sont censés connaître le mieux les sportifs) même si celà semble plus qu'improbable compte tenu du lien hiérarchique avec le DTN.
  2. Mimo
    mai 20, 22:46 Reply
    En effet il ne faut pas s'acharner sur le DTN mais sur les entraîneurs nationaux qui ont choisi leurs athlètes et ce choix a été ensuite validé par le DTN.Au foot personne ne connait le DTN mais seulement l'entraineur séléctionneur qui a constitué son équipe !

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